Les orientations territoriales

 SCoT 2026 : ralentir pour redevenir soutenable

Le SCoT 2026 fixe une trajectoire claire : ralentir la production de logements, en passant d’un rythme cible proche de 1 %/an à environ 0,3 %/an. Cette inflexion s’appuie sur un net ralentissement démographique : à l’échelle du SCoT Sud Gard, l’Insee anticipe désormais une quasi-stagnation avec une hausse moyenne d’environ +0,08 %/an entre 2020 et 2050, et une stabilisation dès 2040. Autrement dit, la demande de logements doit être révisée à la baisse et mieux calibrée, d’autant que vieillissement, moindre natalité et vulnérabilités climatiques appellent à la sobriété foncière.

Question simple : Marguerittes, déjà en surrégime par rapport à plusieurs communes voisines, va-t-elle appliquer ces orientations (et donc sécuriser mobilités, écoles, eau, espaces verts, sécurité) ou poursuivre une densification rapide qui recrée les problèmes bien connus des villes et quartiers de banlieue ?

Nos exigences de bon sens

  1. Alignement strict sur le rythme SCoT (≈ 0,3 %/an) et sur la sobriété foncière.

  2. Priorité à la remise sur le marché du parc existant, la réhabilitation et les friches, avant tout collectif nouveau.

  3. Conditionnalité : pas de projets sans preuve de capacité d’accueil (écoles, santé, voirie, gestion des eaux pluviales, risques inondations, nature en ville) et concertation documentée.


Depuis 2020 : quelle trajectoire pour Marguerittes ?

Depuis 2020, l’exécutif municipal porte une vision qui, selon nous, tourne le dos aux attentes des Marguerittois : densification accélérée, changements d’affectation des zones résidentielles, remise en cause du cadre de vie au nom d’arguments souvent discutables. Était-ce vraiment ce que nous attendions ?

Des chiffres qui interrogent

  • 300 logements auraient été construits en quatre ans, pour plus de 900 habitants supplémentaires — sans compter les mutations de propriété qui attirent de nouvelles familles.

  • Les données INSEE mises en avant par la mairie sont caduques pour décrire la situation actuelle : elles s’arrêtent à 2021 et ne reflètent plus la réalité 2022-2025.

Un modèle de ville bousculé

Les conséquences sont visibles : voirie saturée, propreté dégradée, insécurité en hausse (annoncée à +8 %), et une obsession assumée pour un « parcours résidentiel » qui conduirait à remplacer nos maisons individuelles par du collectif.
Le projet évoqué consiste notamment à reloger des aînés en habitat collectif, libérer des pavillons, intensifier le bâti, et accueillir des ménages dans le cadre des programmes de reconstruction de 1 200 logements détruits à Nîmes. Autrement dit, une transformation rapide de l’armature urbaine de notre village, sans garanties suffisantes sur les services publics, la sécurité, les écoles, la santé, les espaces verts et la gestion des eaux pluviales.

Mixité sociale : oui, mais avec des moyens

Par principe, la mixité sociale peut être une richesse. Mais imposée sans moyens, sans sécurité ni accompagnement, elle crée des tensions et dégrade la qualité de vie pour tous. Refusons de devenir les otages d’une politique qui ne garantit ni ordre public, ni cadre de vie, ni équité territoriale.

Un argumentaire municipal fragile

Au dernier conseil municipal, le maire a affirmé que la population de Marguerittes baissait. Rappelons qu’une baisse de 1 % après cinquante ans de croissance ne remet pas en cause l’avenir de la commune et ne justifie pas une densification précipitée.

Le contexte national ne valide pas la panique

En 2023, 678 000 naissances ont été enregistrées en France, soit –6,6 % par rapport à 2022 et près de –20 % par rapport à 2010. La population vieillit, l’activité économique reste hétérogène : pourquoi dramatiser une légère inflexion locale pour imposer des choix irréversibles à Marguerittes ?

Extrait d'une intervention de Jean-Marc Jancovici au Sénat, Polytechnicien et dirigeant du Shift Project, think tank lié au climat-énergie.