Parmi les richesses discrètes mais essentielles de Marguerittes, les capitelles occupent une place unique.
Ces petites constructions en pierre sèche, autrefois abris temporaires pour les travailleurs de la terre, témoignent d’un savoir-faire ancestral et d’une organisation rurale aujourd’hui disparue.
Elles incarnent l’identité profonde de la garrigue et le lien intime qui unissait jadis l’humain à son territoire.
🔥 Un patrimoine révélé après l’incendie de 1989
Le 2 août 1989, un incendie ravagea plus de 1 000 hectares de garrigue.
Dans ce paysage meurtri, des dizaines de capitelles, auparavant dissimulées sous la végétation, réapparurent soudain au grand jour.
Le travail de recensement mené durant les mois suivants, notamment par Raymond Martin, ancien préseident et fondateur du CHAM l’association du patrimoine marguerittoise www.cham.fr permit d’identifier plus d’une centaine de capitelles sur le territoire marguerittois.
Certaines demeurent encore debout, témoins silencieux d’un mode de vie rural fait de labeur, d’ingéniosité et de sobriété.
D’autres, abîmées ou écroulées, gardent malgré tout leur valeur historique et mémorielle.
📍 Les collines de Marguerittes, zone majeure de concentration
Les capitelles sont principalement réparties sur le versant sud des collines de Marguerittes.
Elles se trouvent en grande majorité dans les quartiers de la Ponche, de la Garne, de Trahusse, du Montrodier et de Valloubine.
Le Montrodier fait ainsi partie des secteurs où ces constructions ont été recensées à la suite de l’incendie de 1989.
Chaque capitelle raconte une histoire :
celle des paysans d’autrefois — les rachalans — qui y trouvaient refuge lors du travail aux champs, y entreposaient outils, récoltes, fourrage ou bétail.
Certaines sont circulaires, d’autres carrées ou quadrangulaires, illustrant la diversité des formes et des usages.
🧱 La pierre sèche : un savoir-faire millénaire
Ces constructions, édifiées sans mortier, reposent uniquement sur l’assemblage minutieux de pierres calcaires locales.
Ce savoir-faire typiquement méditerranéen a été reconnu par l’UNESCO au titre de Patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2018.
La capitelle du giratoire de Marguerittes, inaugurée en 1991, est devenue le symbole de cette tradition.
Édifiée avec près de 30 tonnes de pierre et plus de 300 heures de travail, elle rappelle la nécessité de préserver ce patrimoine rural oublié.
🌿 Une responsabilité collective
Les capitelles sont des balises de mémoire.
Elles racontent l’histoire silencieuse d’un territoire façonné par la main de l’homme, mais profondément respectueux du milieu naturel.
Préserver ces capitelles, c’est :
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protéger l’héritage paysan de la garrigue,
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transmettre une histoire collective,
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maintenir le lien entre habitants et paysage,
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valoriser une identité locale forte,
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protéger un marqueur paysager authentique.
Détruire ces témoins fragiles ou artificialiser leur environnement reviendrait à effacer une part irremplaçable de notre histoire commune.
📣 Garder vivante l’âme de la garrigue
Au lendemain de l’incendie de 1989, l’exposition « Les capitelles de Marguerittes » a sensibilisé le public et les institutions.
Les efforts de restauration et la création de circuits de découverte — comme celui de la Combe des Bourguignons — ont permis de mettre en lumière ce patrimoine singulier.
Aujourd’hui, il nous appartient de poursuivre cette démarche :
➡️ préserver les capitelles et leur environnement naturel, afin que ce patrimoine reste vivant et partagé.
La garrigue n’est pas un simple espace vide.
Elle est un livre ouvert : ses pierres, ses murets, ses chemins et ses capitelles portent l’histoire de Marguerittes.
👉 Conclusion
Les collines de Marguerittes — et notamment le Montrodier — accueillent une part significative des capitelles recensées après 1989.
Ces constructions en pierre sèche constituent un patrimoine précieux qu’il est de notre devoir de transmettre intact aux générations futures.
Préserver ces lieux, ce n’est pas regarder en arrière :
c’est honorer ce que nous sommes, et préparer l’avenir.







