Dans une mise en scène théâtrale, le discours du maire évoque Tocqueville et au passage cite “le génial Molière ” peut être pour faire référence à sa propre mise en scène, dont il faut reconnaitre un certain talent, mais qu’en est il vraiment ?
1. La Façade : L’usage abusif de Tocqueville
Le maire utilise l’image d’Alexis de Tocqueville pour se donner une apparence libérale et démocrate.
- La citation alibi : Il cite Tocqueville pour affirmer que « c’est dans la commune que réside la force des peuples libres ».
- L’illusion libérale : Cette référence sert à construire l’image d’un homme ouvert, favorable au débat et à la participation citoyenne.
2. La Réalité : Une gestion Collectiviste
Les documents soulignent que la gouvernance réelle est aux antipodes de la pensée libérale de Tocqueville, se rapprochant d’une idéologie collectiviste autrement dit d’une gauche à gauche de la gauche..
- Dépendance aux fonds publics : La commune survit grâce aux subventions et à l’argent public, sans créer de richesse locale autonome3.
- Mainmise sur la société civile : Le maire a pris le contrôle direct de l’association L’Escale en s’en nommant président, brisant l’indépendance du bénévolat et la liberté d’initiative chère à Tocqueville.
- Alliances politiques marquées : Le choix d’un directeur de cabinet issu de La Marseillaise et la proximité avec des réseaux de la « gauche de la gauche » contredisent son affichage politique.
- Vision collectiviste : La priorité est donnée à une vision « collectiviste de la cité » plutôt qu’à la liberté individuelle6.
3. La Méthode : “Créon” contre “Tocqueville”
Le paradoxe culmine dans la méthode de gouvernance, surnommée la méthode “Créon” (le tyran qui refuse d’écouter).
- Gouvernance verticale : Contrairement à la démocratie locale de Tocqueville, le pouvoir est exercé verticalement ; les décisions sont arrêtées à l’avance et la critique est disqualifiée.
- Simulacre de démocratie : La concertation n’est qu’un « apparat » ou une façade pour faire accepter des choix déjà faits.
- Sourd aux citoyens : C’est un pouvoir qui, comme celui de Créon, refuse d’écouter et gouverne « au nom de l’ordre » mais dans un isolement autoritaire.
4. Pourquoi Tocqueville désavouerait ce maire
L’argumentaire final repose sur le fait que Tocqueville a théorisé le danger exact que ce maire représente.
- Le despotisme doux : Tocqueville mettait en garde contre un État omniprésent qui centralise tout et dépossède les citoyens de leur pouvoir, créant une foule d’hommes « administrés plutôt que gouvernants ».
- L’incompatibilité fondamentale : Tocqueville combat « l’égalité sans liberté », ce qui correspond à la description faite ici d’une gestion communiste qui subordonne l’individu au collectif.
Synthèse du paradoxe :
On ne peut pas invoquer Tocqueville (le défenseur de l’autonomie et des contre-pouvoirs) pour justifier une politique de centralisation, de mainmise sur les associations et de gestion autoritaire12. À Marguerittes, le maire « cite Tocqueville mais gouverne comme Créon ».
5. Quant à Molière
Il nous a rappelé que « le chemin est long du projet à la chose ».
Une formule qui résonne singulièrement aujourd’hui : en un mandat, beaucoup de dépenses, bien peu de résultats concrets sauf peut-être des fêtes justement.
Le bilan laisse surtout apparaître un endettement record et une capacité de financement parmi les plus faibles du Gard.
À ce rythme, il faudra encore bien des mises en scène pour tenter de faire avaler le poisson aux habitants.









