"Le nouveau PLU est protecteur"
Le nouveau est il protecteur comme l'indique le Marie
L’intitulé « Le nouveau PLU est protecteur » laisse entendre que le document garantirait une protection renforcée des espaces naturels, des habitants et des ressources. Or, l’analyse détaillée des pièces du PLU et des avis institutionnels met en évidence plusieurs contradictions majeures.
Premièrement, le PLU est élaboré en l’absence d’études actualisées et spécifiques sur les risques, notamment hydrauliques. Le tome II reconnaît explicitement que les zones inondables ont été intégrées à partir de la méthode Exzeco, faute d’étude dédiée, alors même qu’un PPRI existe et que la commune est fortement exposée aux phénomènes de ruissellement et d’inondation. Cette approche apparaît insuffisante dans un contexte où des projets impliquent le défrichement d’environ 12 hectares de garrigue sur un bassin versant actif, en amont direct de zones sensibles.
Deuxièmement, les alertes répétées des services de l’État, du SAGE, de l’EPTB du Vistre et du commissaire enquêteur, notamment lors de la modification n°4 du PLU concernant le secteur Marcieu-Peyrouse, n’ont pas été pleinement intégrées. Ces avis soulignaient déjà des risques accrus d’inondation et de pollution de la zone de captage, risques qui demeurent d’actualité et sont même renforcés par les nouvelles orientations.
Troisièmement, le caractère prétendument protecteur du PLU est contredit par les choix de densification. L’augmentation significative des capacités constructives en zones urbaines (UB, UD, UC), la suppression ou l’affaiblissement des orientations d’aménagement sectorielles et la généralisation d’une densification dite « spontanée » ouvrent la voie à une urbanisation diffuse et difficilement maîtrisable, au détriment de la qualité du cadre de vie et des continuités écologiques.
Enfin, le PLU ne tire pas pleinement les conséquences des mises en garde préfectorales récentes, notamment la suspension de décisions liées au défrichement du Montrodier pour insuffisance d’évaluation des effets du ruissellement, et l’exigence d’études hydrogéologiques sous contrôle de l’ARS. Ces éléments structurants auraient dû conduire à une révision plus prudente et réellement protectrice du document.
En l’état, qualifier le nouveau PLU de « protecteur » relève d’une présentation trompeuse. Si des intentions sont affichées dans les objectifs généraux, elles ne sont ni suffisamment étayées par des études sérieuses, ni traduites de manière cohérente dans le règlement et les zonages.
Le PLU expose au contraire la commune à des risques environnementaux, hydrauliques et urbains accrus, en contradiction avec les principes de précaution, les objectifs de protection des ressources et les orientations portées par les services de l’État.
Une réelle protection supposerait une révision intégrant pleinement les avis institutionnels, les contraintes naturelles du territoire et une stratégie d’aménagement réellement compatible avec la préservation du vivant et la sécurité des habitants.